10.07.2006
La Mort du Loup
Tristes Champs ce soir. On essaie de fêter le beau parcours des Bleus mais le coeur n'y est pas, définitivement pas. Dommage, le bonheur il y a 8 ans avait été si plein, si pur... Et où serai-je la prochaine fois que la France sera en finale d'une Coupe du monde de football?...
En rentrant, j'ai fait un détour par le Trocadéro, pour voir la Vieille Dame, et tenter de décompresser (style le mec sur la plage dans la pub pour France Culture il y a... 10-12 ans). Et là, sur l'esplanade, elle était là: la Pleine Lune, derrière un nuage juste ce qu'il faut au-dessus de la Tour Eiffel.
Alors tout est devenu limpide, quand m'est revenue en mémoire "La Mort du Loup", le poème de Vigny:
Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon
Nous marchions sans parler dans l'humide gazon, (ah! l'humide gazon) etc.
J'ai revu les yeux de Zidane après ce geste qui devait mettre prématurément fin à sa carrière: l'espace d'un instant, des yeux de loup, de loup-garou sous la pleine lune dans la nuit de Berlin, fugitivement, certes, mais je les ai vus, je vous jure que je les ai vus ces yeux-là!
Alors j'ai compris. Car il le savait Zizou que la France allait perdre cette maudite finale. Il l'a su quand Bouffon a arrêté sa tête à la 104ème; à ce moment-là, il a su que c'était perdu: si une occasion pareille ne rentre pas, alors c'est qu'il n'y a plus d'espoir, ça ne rentrera jamais. Et les pénos, bien sûr qu'ils allaient faire redescendre la Coupe du mauvais côté du Mont-Blanc, ça il le sentait, sans l'ombre d'un doute (c'est comme ça, les loups sentent les choses les soirs de pleine lune).
Alors? alors, et bien...
Il s'est jugé perdu puisqu'il était surpris
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris
Alors il a saisi dans sa gorge brûlante
Du chien le plus hardi la gueule pantelante, etc., enfin vous connaissez la suite.
Oui, c'est bien ça que la caméra a saisi: la pulsion animale du loup qui connaît déjà la fin de l'histoire, de son histoire, et qui préfère ruer dans les brancards qu'aller à l'abattoir.
Alors ne t'en veux pas. Les soirs de pleine lune, la bête profondément enfouie dans le coeur de l'Homme resurgit et il n'y a rien à y faire (mais ça tu le sais déjà bien sûr). Et les loups, ça ne se laisse pas tuer par 11 types lâchement retranchés en défense, bordel, même s'il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants.
Ta mort est belle Zizou, car c'est celle du loup.
03:40 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



Commentaires
jolie note
Ecrit par : contessa | 10.07.2006
Bel hommage...
Ecrit par : flo | 10.07.2006
Sans commentaire. C'est super beau.
Ecrit par : Punky | 10.07.2006
C'est la 6e fois que je relie cette note. Non, je rigole. Je la découvre pour la 1ère fois. Elle est très belle. Je trouve. J'ai aussi profondément ressenti que Zidane sentait la défaite. Mais, c'est son instinct, seul, qui a guidé son front contre une poitrine. Mais bon, sans rire, il a la vie devant lui. Wallé ZIZOU! Il y a une belle chanson au bout de ce lien: http://les-zizous.net/article.php3?id_article=1#forum193
;)
Ecrit par : H | 13.07.2006
J'ai remarqué qu'il y avait une faute dans mon Url.
Ecrit par : H | 13.07.2006
Oui bon avec moi, il faut être patient, vous le saviez déjà...
@ contessa: encore merci... je savais que ça te plairait.
@ flo: mais pourquoi que ça marche pas ton lien??
@ Punky: vive le Paris-Rennes express!
@ H: " bienvenue "àMontréal"!! " (hé hé hé, private joke). Moi aussi j'aime les premières fois, je crois que j'ai la chance du débutant...
Ecrit par : Fabre | 23.07.2006
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